samedi 8 septembre 2012

Pictify : Le Pinterest du monde artistique

Posté par admin dans ACTUALITÉS, Canada, France, Marketing, Monde, Photo, Réseaux sociaux sur 07/09/2012 10:20 /

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Article extrait du Réseau canadien d’information sur le patrimoine (04/09/2012)

Récemment, un nouveau site Web de réseautage social, Pictify, a fait son apparition – avis aux musées : ceci s’adresse à vous!

Pictify se démarque par deux aspects : il est conçu expressément pour le contenu culturel et vise un auditoire aux intérêts plus artistiques. Ce site Web a des fonctions semblables à celles de Pinterest, un site Internet de médias sociaux en croissance rapide, en ce sens qu’il ressemble à un énorme album‑souvenir de photos, réparties en collections diverses.

Grâce à ce tableau d’affichage virtuel, les artistes et les institutions culturelles peuvent afficher des œuvres fascinantes en ligne, permettant ainsi à d’autres utilisateurs de la communauté de formuler des commentaires et de publier des photos semblables. Les utilisateurs peuvent également suivre leurs profils préférés, tout comme ils le feraient sur Facebook ou Twitter.

En quoi Pictify se distingue‑t‑il?

Pictify vise expressément le monde artistique et met tout particulièrement l’accent sur les musées. Pictify n’est pas aussi encombré que d’autres sites Web plus vastes et mieux connus, comme Pinterest. De plus, Pictify s’accompagne d’une politique sur le droit d’auteur qui est plus claire et protectrice que celle de Pinterest, et qui s’harmonise dans une plus grande mesure avec celles que l’on trouve dans la communauté muséale. La politique de Pictify offre un endroit plus sécuritaire aux établissements souhaitant présenter leurs collections.

Exemples

Pictify peut se révéler un excellent endroit où publier des renseignements sur les expositions, susciter de l’intérêt et accroître la participation des visiteurs. Le Musée d’Orsay constitue un bon exemple d’établissement muséal ayant adopté ce nouveau réseau social aux fins de marketing. Comme l’on pouvait s’y attendre, le Musée a téléchargé des photos de certaines de ses expositions les plus populaires. Sa page sur Pictify fait également part de ses heures d’ouverture, des droits d’entrée et d’autres renseignements à son sujet. Le Musée du Louvre a aussi une présence digne de mention sur le site. Parmi les musées canadiens, le Musée des beaux‑arts de l’Ontario a créé son profil au mois d’août.

Évolution de la réalité en ligne

Étant donné son potentiel, il vaut la peine de surveiller Pictify. Quel que soit le résultat, il est indéniable que Pictify s’inscrit dans une tendance plus large à l’égard du réseautage social. Les utilisateurs ont de plus en plus recours aux médias sociaux pour trouver du contenu pertinent en ligne (surtout des images), plutôt que d’utiliser les moteurs de recherche traditionnels. Les renvois et les personnes qui les suivent sont en voie de devenir les principaux moyens pour les musées de renforcer leur présence en ligne. De même, l’adoption d’une stratégie proactive sur les médias sociaux peut aider encore davantage les musées à accroître la fréquence à laquelle ils figurent dans les résultats des moteurs de recherche.

Qu’en pensez‑vous?

De nouveaux sites Web de médias sociaux semblent faire leur apparition chaque semaine, ou presque. Bien entendu, ce ne sont pas tous les réseaux sociaux qui réussiront à attirer un nombre suffisant d’utilisateurs pour créer une communauté notable. À partir de quel moment les organisations devraient-elles envisager le recours à un nouveau véhicule de communication comme Pictify? Croyez‑vous que ces sites ne susciteront qu’un intérêt passager? Faites-nous connaître votre opinion dans la boîte de commentaires ci‑dessous.

Article original

Source: Réseau canadien d’information sur le patrimoine (04/09/2012)

Tags: musée d'orsay, Musée des beaux-arts de l’Ontario, Musée-du-Louvre, Pictify, Pinterest

Des contenus de musées américains sur une plateforme pédagogique

Muséofile : nouvelle version de la base de données des musées français

Deuxième édition plus interactive pour le salon d'art contemporain en ligne VIP Art Fair

Le numérique s'installe au nouveau Musée du jouet de Moirans-en-Montagne

vendredi 13 juillet 2012

L'Europe, pionnière en matière de connaissance de la biodiversité ; le projet Fauna Europaea

L'UE veut avoir un rôle moteur en matière de biodiversité comme de défense de l'environnement. Pour ce faire, elle met en place un certain nombre d'outils innovants permettant notamment une meilleure connaissance des diverses espèces peuplant l'Europe. Ainsi, la Commission européenne a développé un projet sans équivalent mondial : Fauna Europaea.

Un projet innovant unique au monde

M. Benoit Fontaine, chercheur au Muséum d'histoire naturelle, nous explique plus avant ce projet. « C'est une base de données recensant la liste de toutes les espèces animales d'Europe. L'Europe étant comprise de l'Oural à la Macaronésie (ensemble des îles des Açores, de Madère, des îles Canaries et des îles du Cap-Vert). L'idée qui est née vers 1998 est de créer un outil capable de remettre à plat les connaissances en matière de biodiversité. La tâche est herculéenne tant le nombre d'espèces est important. L'Europe est le premier espace régional à avoir pu terminer un tel travail. Cet outil est d'une importance capitale puisqu'il permet de connaitre précisément le nombre et le type d'espèces vivant en Europe grâce à un long mais salutaire travail de nettoyage des données. » Il est à noter que les données ainsi obtenues sont utilisables par tous puisqu'un site internet a été créé.

Cette œuvre titanesque a été mise en œuvre par la Commission européenne qui a aussi permis son financement. Il apparaissait essentiel voire logique qu'un tel effort soit mis en place au niveau européen. Le nombre d'experts capables de valider la qualité de l'information allant en décroissant, seul un effort à l'échelle du continent pouvait permettre d'établir le bilan nécessaire. De plus, un des principaux objectifs, comme l'a souligné M. Benoit Fontaine était de nettoyer les données en supprimant les identifications doubles d'une même espèce, ce qui nécessite inévitablement une centralisation des données au niveau continental. L'effort fait par la Commission place désormais l'Europe à la pointe de la connaissance en matière de diversité.

Une organisation efficace liant professionnels et amateurs

L'organisation du projet a fait appel à toute la communauté scientifique. La coordination s'est faite autour de trois grands instituts de recherche européens : le Muséum à Paris, l'université d'Amsterdam et celle de Copenhague dont chacun avait un rôle spécifique dans le processus (collecte de données, validation des données, traitement informatique…). Mais cette coordination n'a en aucun cas remis en cause le rôle des autres chercheurs et même des amateurs. M. Benoit Fontaine nous rappelle ainsi le rôle prépondérant des amateurs en taxonomie (science ayant pour objet la recherche et la classification de nouvelles espèces). Ils ont fait partie intégrante du processus de collecte d'informations. Ainsi mis en lien avec les chercheurs, leur travail a pu permettre au bilan d'être établi dans un temps record (seulement une dizaine d'années).

Une telle organisation pour un projet européen joignant si efficacement les communautés d'amateurs et de professionnels ne peut être que saluée. S'il est vrai que la science est une matière privilégiée de coopération entre les connaisseurs, ce qui a été mis en place ne peut que servir de modèle pour d'autres domaines.

Fauna Europaea, symbole de la volonté européenne en matière d'environnement

Le communiqué de presse nous informe qu'une intégration avancée des bases de données de ces projets est maintenant réalisée au moyen d'une interconnexion, un " Euro-Hub ", un effort consenti par Species 2000 Europe, autre projet financé par la communauté européenne. Effort qui permettra une intégration future dans le système d'information global sur la biodiversité mondiale qui s'est mis en place. L'UE s'inscrit ainsi dans une posture de leader mondial en la matière. Elle ouvre la voie à la mise en place de tels projets dans les autres endroits du monde et un nouvel avenir pour la taxonomie.

Mais elle n'est pas en reste dans les autres matières. Un certain nombre d'outils permettent la protection de cette biodiversité. C'est le cas de Natura 2000, créé par la directive Habitat Naturel et qui consiste en un réseau écologique de zones spéciales protégées. On peut aussi citer Life, instrument financier qui a soutenu des projets de démonstration qui améliorent l'environnement, sur de nombreux aspects comme la gestion de l'eau, ou l'aménagement du territoire. Ces outils montrent la volonté de l'Union de jouer un rôle en matière environnementale.

Dans un secteur où les moyens se font de plus en plus rares, l'UE, même si elle réduit ses contributions met toujours en place des projets innovants et complexes. On ne peut que se féliciter de ces actions. Elles restent cependant insuffisantes et l'UE a toujours du mal à s'imposer sur la scène internationale. Dernier exemple en date, le sommet de Rio dont seul quelques éclairés auront eu des échos tant il a été peu médiatisé. Si les Européens étaient massivement présents, ils n'ont pas réussi à faire pencher la balance vers un accord ambitieux qui, à l'image de Fauna Europaea, pourrait donner des résultats concrets très probants.

Pour aller plus loin :

Le site de Fauna Europaea

dimanche 1 juillet 2012

Les banquiers détestent l’Islande…

de Fortune de €ric

A force d’enquêtes judiciaires, l’île aux volcans a fait drastiquement diminuer ses dettes. Étonnant non ?

La crise financière mondiale, attisée localement par la cupidité aussi surprenante que hors norme des banquiers islandais, a bien failli rayer l’île  de la carte en 2008.
Johanna Siguroardottir, Premier Ministre islandais

Aujourd’hui c’est du côté de Reykjavik – que l’agence de notation Fitch a d’ailleurs relevé d’un cran à la mi-février – et qui a renoué avec la croissance en 2011 jusqu’à tabler sur un taux de 2,7 % pour 2013 avec une balance commerciale redevenue excédentaire, que se déroule une véritable révolution dans l’indifférence quasi générale des médias européens.

Petit rappel d’islandais pour les nuls : C’est en 2008 que le phénomène a pris naissance. A l’époque, la Couronne Islandaise était sur le point de rejoindre l’épave du Titanic. Les Polonais employés en masse dans la pêche et la construction, allaient se résoudre à abandonner leur petit paradis d’immigration et à remettre le cap sur Varsovie.

La bourse décidait de se mettre en sommeil après une chute de 76 % en quelques jours, et le gouvernement nationalisait les banques Glitnir, Landsbanki et Kaupthing, dont la clientèle était – cherchez l’erreur – principalement anglaise et américaine pour leur éviter la faillite. Les dettes du pays frôlant alors 9 fois son PIB…

Entrée en scène fin octobre 2008, du FMI et des pays frères scandinaves auxquels s’est joint la Pologne reconnaissante, qui contribuent respectivement à hauteur de 2,1 et 2,5 milliards de dollars à la réparation des dégâts.

Les pêcheurs au harpon islandais qui se méfiaient comme de la peste d’une combine institutionnelle pour leur passer la corde au cou à la grecque, descendent dans la rue et chassent le gouvernement Conservateur de Geir Haarde en exigeant des élections anticipées.

En avril 2009 une nouvelle coalition de socialistes et d’écologistes prend les choses en mains sous la conduite de Johanna Siguroardottir, nouvelle Premier ministre. Johanna, ex-hôtesse de l’air ayant bossé en usine pour fabriquer du carton d’emballage à poisson, a su garder les pieds sur terre. Première chef de gouvernement au monde à s’être mariée civilement avec sa copine Jonina Leosdottir, la dame n’a peur de rien et n’est pas prête à s’en laisser conter par les vautours de la finance.

Des banquiers à l’amende

Un échéancier de remboursement de 3,5 milliards d’Euros sur 15 ans à 5,5 % d’intérêt est donc négocié avec les principaux créanciers du pays et ceux des banques nationalisées. Las, l’Islandais de base a fait ses comptes. Il redescend dans la rue pour demander que le projet de loi soit soumis à référendum. Le président lui donne raison en janvier 2010 et la consultation populaire organisée en avril donne 93 % de refus de casquer à ce prix-là.

Johanna fait donc savoir aux créanciers qu’ils vont devoir revoir leur copie. Afin de les convaincre que les Islandais sont têtus, le Parlement insulaire vote la nomination d’un Procureur Spécial, chargé d’enquêter sur les raisons du naufrage financier et d’en déférer les responsables présumés devant la justice.

Le job est confié à Olafur Thor Hauksson qui n’a aucune compétence en criminalité financière et a été le patron de la très débonnaire police locale au cours des 10 dernières années. C’est le ministre de la Justice qui l’a encouragé à faire acte de candidature car personne d’autre ne s’est présenté pour ce sale travail. Eva Joly qui traquait la débauche financière avant de prendre une veste à l’élection présidentielle – la nôtre – va d’ailleurs payer de sa personne comme consultante pour mettre Olafur au parfum.

Les leçons d’Eva sont profitables : dès le 11 mai 2010, le procureur lance un mandat d’arrêt international contre Sigurdur Einarsson, l’ancien patron de la banque Kaupthing.

Sans doute bouleversé de découvrir sa tronche dans la rubrique des « wanted » du site d’Interpol, Einarsson rentre « volontairement » au pays dès le mois d’août. Pour y répondre d’accusations de manipulation de marché, fraudes et escroqueries.

En septembre, c’est au tour de l’ancien Premier ministre Geir Haarde de répondre d’accusations de négligence dans la gestion de la crise financière.

Le 20 janvier 2011, le procureur Spécial qui commence à bien maîtriser son sujet, décide de se faire une petite perquise’ à la Banque Centrale Islandaise pour recouper des infos obtenues sur deux seconds couteaux, les MP Bank et Straumur Bank. En sortant, Olafur le justicier rend visite à Jon Thorsteinn Oddleifsson, l’ancien trésorier de la banque Landsbanki et lui passe… les bracelets.

Des enquêtes judiciaires font plier les créanciers

Étrangement, et sans qu’on puisse y lire une quelconque relation de cause à effet, les créanciers reviennent avec une nouvelle proposition d’apurement de la dette islandaise : on passe de 15 à 37 ans et le taux d’intérêt demandé tombe à 3 % ! « Non et non ! » persistent à répondre les natifs consultés en Avril 2011 après que le président local, Olafur Ragnar Grimsson ait refusé de ratifier la loi précédente ayant pris en compte la dernière proposition des créanciers.

Comme en écho à l’entêtement de ses compatriotes, le Procureur Hauksson fait arrêter en décembre 2011, Làrus Welding, l’ancien directeur général de la banque Glitnir. En avril 2012, c’est au Luxembourg qu’on retrouvera Hauksson et sa petite équipe, supervisant une perquisition effectuée par la police du Grand Duché à sa demande, à la suite d’écoutes téléphoniques d’une petite centaine d’Islandais « ayant exercé par le passé des responsabilités dans le secteur financier islandais ».

Il n’en faudra pas plus pour convaincre ceux qui n’ont pas encore quitté le pays de le faire brutalement en renonçant aux indemnités dodues qu’ils exigeaient jusque-là à la suite de la nationalisation des banques et de leur licenciement un brin brutal il est vrai…

La démocratie des volcans

Moins connue que sa grande sœur athénienne, la démocratie à la sauce islandaise fonctionne tout de même depuis l’an 930. Ayant tiré les leçons de la crise, la convocation d’une assemblée constituante en décembre 2010 était donc une formalité.

Dès février 2011, les 25 élus (10 femmes et 15 hommes) issus de toutes les couches de la société, se mettent au travail. Un mois plus tard, ils deviennent officiellement le « Conseil Constitutionnel ». Lequel adopte à l’unanimité un projet de nouvelle constitution remis au Parlement le 27 juillet 2011.

Le projet devrait être soumis à référendum à la fin du mois – pendant que d’autres s’étriperont sans doute au sommet de Bruxelles – avant son adoption par le parlement ; à sa lecture, on en bave d’envie : le droit effectif de communication au public de toute la documentation détenue par les pouvoirs publics devrait être garantie par la loi.

De même que l’indépendance absolue des tribunaux ; et les sources de revenus des collectivités locales ; tout autant que la possibilité de lancer des commissions d’enquêtes sur les pratiques gouvernementales à la seule demande d’un tiers des membres du parlement ; sans parler des protections constitutionnelles prodiguées au journalisme d’investigation nées de l’Initiative Islandaise pour des Médias Modernes, déjà évoquée par Bakchich, pour lesquelles Wikileaks s’était fortement impliquée.

Les médias qui veulent poursuivre la traque mondiale des banksters nous ayant mis dans ce pétrin, savent donc maintenant où s’installer. De même que Jérôme Kerviel, s’il lui venait un jour l’idée de se lancer dans le consulting en organisation de back-offices dignes de ce nom… 

Bakchich.info

dimanche 24 juin 2012